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Hâte-toi de te rebeller.

Oui !!!! Oh que oui!!! J’attends impatiemment que tu te rebelles. J’aimerais tant te voir tel(le) que tu es quand tu n’es pas gentil(le).  A quoi ressembles-tu ? Que fais-tu de différent ?

Je suis en colère aujourd’hui. En colère contre la petite Anne-bien-trop-sage que j’ai été. En colère de n’avoir pas eu le courage de m’être rebellée plus tôt.

Si toi aussi tu as l’impression qu’on ne t’a pas tout appris de la vie, que ce soit à l’école ou à la maison quand tu étais petit(e),  ….reste-là….. ne bouge pas. Et écoute……

Peut-être que dans mes mots, tu trouveras le courage et la foi nécessaire pour dire ce que tu as à dire, faire ce que tu as à faire pour être plus heureux(se). Pour te rapprocher de la personne que tu es. Pour te respecter.

Attends-toi à un coup de gueule.

Quand je pleurais petite, je n’étais pas gentille.

Quand j’étais en colère, je n’étais pas belle à voir.

Quand je m’amusais avec excès j’étais une petite fille malpolie.

Quand je jouais à faire le garçon «ça ne se faisait pas ».

Quand je polémiquais,  je devais fermer mon clapet.

Alors ça donne quoi tout ça ?

Si j’avais eu conscience des ravages du « Fais plaisir », je me serai rebellée bien plut tôt. Je m’explique.

A l’école, il fallait rester assis sur sa chaise toute une journée. Pas le droit de respirer, pas le droit de chanter, pas le droit de rire. Ah non ! Surtout ne pas rire pendant que « le maitre parle ». Et pourtant j’étais une petite fille extrêmement joyeuse. J’aurai eu besoin de rire tous les jours, toutes les heures voire toutes les secondes. Comment on fait dans ce cas là? On se tait mademoiselle ou on va au coin.

Le soir à la maison, on devait rester assis à table. Impossible de laisser libre cours à son imagination ou d’aller jouer.

Et QUID si j’avais eu envie de me lever pour offrir à mes parents une chorégraphie apprise au cours de danse ?  Et QUID si j’avais eu besoin de me retrouver au calme avec ma poupée ? Vous savez cette poupée à qui vous vous confiez. Celle avec qui discuter était plus simple qu’avec les « grandes personnes ».  Au nom de quoi les parents et les professeurs peuvent-ils juger des besoins de leurs enfants ?

Est-on certain que retenir un enfant à table est la meilleure solution pour le rendre libre ? Pourquoi personne ne réagit ? Pourquoi personne ne se rebelle contre ces règles transgénérationnelles qui nous momifient et créent des clônes ?

En plus, elle continue au Lycée cette mascarade.

Au Lycée, la conseillère d’orientation savait pour toi. Elle choisissait non seulement ton cursus mais aussi ton métier. Et pourquoi pas ton mec aussi ?

Au moment de choisir une spécialité pour ton Master, c’est la société qui voulait pour toi. Il fallait choisir la « filière la plus porteuse ». Celle qui te fera croire à une pseudo garantie de sécurité. Au détriment de ce dont tu avais vraiment envie. Au détriment de cette petite voix qui te soufflait autre chose.

Sauf qu’à force d’étouffer cette petite voix, tu t’es mis(e) à ne plus l’entendre.

Tu es devenu(e) une personne lambda qui réussit mais qui a mal. Lambda car maintenant que tu as 30 ou 40  ans, tu as tout mais tu te sens vide. Tu sens que ça  ne tourne pas rond dans ta tête. Tu n’arrives pas à dormir la nuit. Tu as toutes les semaines une nouvelle pression au niveau du plexus solaire ou un maux quelconque mais envahissant.

Tu t’en veux de ne pas te satisfaire de ce que tu as car on te dit que tu as TOUT pour être heureux(se). Alors tu es dur(e) avec toi. Tu te sabotes, tu te maltraites, tu entres en conflit avec les autres pour te sentir vivre et exister. Tu n’écoutes plus tes désirs.

D’ailleurs, tu ne sais plus ce que tu veux ni ce dont tu as besoin.

Tu es perdu(e).

Alors je t’entends déjà me dire…. Ba oui mais c’est bien d’être gentil non ?  Tu ne trouves pas qu’il y’ a  assez de personnes égoïstes ?

Je te l’accorde. Mais être gentil au détriment de ses besoins, de ses envies, de ce qui est important pour soi c’est se nier. C’est refuser le cadeau que la vie nous a fait d’être élu(e) sur cette terre pour vivre pleinement notre singularité.  C’est priver les autres de notre vrai personnalité, de nos rêves, de notre force de caractère, de notre puissance, de ce qui fait que nous avons une couleur à part entière à offrir au monde.

Etre formaté « gentil(le)» c’est risquer de vivre sa vie d’adulte à moitié endormi.

C’est risquer le virage douloureux. Celui où un jour tout bascule…..

Ce jour où tu poses ta démission, ce jour où tu cries un peu trop fort sur tes enfants, ce jour où tu dis des mots irrémédiables à la personne que tu aimes. Ce jour où tu pètes un câble car le vase déborde de toutes ces émotions que tu as refoulées pendant bien trop longtemps.

Nous ne sommes pas fait pour vivre durablement au détriment de nos inclinaisons naturelles.

Est-ce que les plantes sont trop gentilles ? Est-ce que le soleil brille la nuit pour nous « faire plaisir » NON ! Alors cessons d’être gentil et soyons-vrai comme dirait Thomas D’ANSEMBOURG  ( livre que je vous recommande fortement à ce propos).

Voilà mes chers lecteurs.

J’avais envie de vous livrer ce message de la femme « pas gentille » que je suis en partie. Et que j’apprivoise un peu plus chaque jour.

Prenez soin de vous et hâtez-vous de vous rebeller avant qu’il ne soit trop tard.

Anne

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